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Le conflit entre les autorités locales et le ministère de la Culture mine la scène culturelle

Alger est loin... de Constantine

mercredi 31 janvier 2007, par Lilia



Le Théâtre régional de Constantine a accueilli, la semaine dernière, Antigone à Ramallah, Antigone à Baghdad, une pièce théâtrale adaptée et présentée par une troupe égyptienne et cela dans le cadre des manifestations d’Alger, capitale de la culture arabe 2007 inaugurées au début du mois de janvier. Une troupe théâtrale égyptienne, le fait est suffisamment rare pour faire événement d’autant plus que les plus anciens gardent ici le souvenir vivace du passage, au début des années cinquante, du grand Youcef Wahby. Rien n’est venu pourtant signaler à l’intention du public la manifestation, et c’est en quelque sorte la discrétion qui l’a entourée qui appelle l’attention, une discrétion symptomatique de l’état des lieux culturels à Constantine et plus particulièrement du flou dans lequel baigne encore Alger, capitale de la culture arabe 2007. Le sentiment demeure qu’en tout état de cause, Alger est loin et que l’année de la culture arabe n’a pas trouvé ses marques localement. D’abord parce que l’on en parle peu ou presque pas et que d’une manière plus générale le conflit entre les autorités locales et le ministère de la Culture se traduit par une forme d’aphasie au niveau de la direction de wilaya de la culture. La prise de fonction du nouveau directeur de la culture va-t-elle apporter du nouveau ou à tout le moins normaliser les relations au plan local ? La question se pose notamment en relation avec la gestion de la participation constantinoise aux manifestations d’Alger, capitale de la culture arabe 2007. On sait, puisque l’ancien directeur de la culture en avait fait état publiquement, que les dossiers relatifs à l’organisation de la semaine de la culture constantinoise ont été finalisés et soumis à la tutelle. Pour rappel, ce qui avait été projeté devrait s’articuler autour de pôles comme le théâtre -avec trois pièces du TRC-, le Salon de l’artisanat, celui du livre, un cycle de conférences consacrées aux grands penseurs et auteurs constantinois comme Benbadis, Bennabi ou Houhou, en plus de concerts de malouf dédiés à des figures du patrimoine musical constantinois. Mis à part le TRC qui a d’ores et déjà arrêté les termes de sa participation, en l’occurrence les reprises de Diwan Laadjeb, la Paix et Aïssa tsunami, aucune information n’est venue confirmer les choix proposés pour la semaine culturelle de Constantine. De fait, rien ne donne à penser aujourd’hui que cette participation se prépare ou même soit à l’ordre du jour. Certes, l’année de la culture arabe n’en est qu’à ses débuts et peut même supporter un démarrage timide mais d’ores et déjà des semaines de wilaya se programment dans la capitale et sans doute est-il est temps de préciser au moins les contours et les échéances de la participation constantinoise. Le silence qui semble entourer la programmation de cette semaine doit-il faire craindre que celle-ci soit aussi l’otage du conflit entre les autorités et le ministère de la Culture ? Cette hypothèque gagnerait assurément à être levée. Et le plus tôt serait le mieux.

M. M.

P.-S.

La Tribune

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