Constantine Algérie
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POUR ABSORBER LA TENSION SUR LE MARCHÉ DE CONSTANTINE

Importation de semence de pomme de terre

mardi 27 février 2007, par Said



L’État vient de décider l’importation de 3 000 quintaux de semence de pommes de terre au profit des fellahs de Constantine afin de faire face à la pénurie qui subsiste sur le marché depuis le dernier Ramadhan. Les professionnels, eux, avancent un autre point noir, soit la pénurie d’eau d’irrigation.

Une quantité de 2 500 à 3 000 quintaux de semence de pomme de terre sera importée incessamment du Canada pour répondre aux besoins des agriculteurs de la wilaya de Constantine, a confirmé le président de la chambre de la wilaya. La quantité importée sera réceptionnée d’ici la première quinzaine du mois prochain où 30 agriculteurs professionnels ont opté pour l’investissement dans cette culture. Par ailleurs, une commission a été installée, ayant pour mission de suivre de près l’investissement dans cette culture afin d’éviter toute spéculation. Il est question d’éviter la revente en l’état de la semence comme produit final et la spéculation sur les prix de la pomme de terre destinée à la consommation en créant volontairement des déficits en offre. L’importation de la semence, qui entre dans le cadre de tout un programme initié par le ministère de tutelle, la Chambre national d’agriculture et la CNMA, a pour objectif initial de remédier à la pénurie comme ce fut le cas durant la saison 2005/2006. D’ailleurs, une véritable crise secoue toujours le marché algérien depuis le mois de Ramadhan dernier, suscitant le mécontentement des consommateurs, du fait de la hausse du prix de la pomme de terre qui reste de qualité inférieure.

En dépit de l’importance de cette opération, beaucoup reste à dire quant aux contraintes qui peuvent entraver sérieusement cette démarche. Selon le constat des deux réunions tenues la semaine dernière, ayant regroupé les agriculteurs et les responsables de la chambre, la pénurie d’eau d’irrigation reste le souci majeur de la filière.Les quantités d’eaux existantes demeurent en deçà des besoins de production de ce produit. Selon les estimations, 1 hectare de culture, nécessite 6 000 mères cubes d’eau. La sécheresse, conjuguée aux mesures draconiennes initiées par les pouvoirs publics interdisant l’irrigation à partir des eaux des oueds, rend la demande en eau supérieure à l’offre d’autant que Constantine enregistre un manque en retenues collinaires. Pis, même si ces sources d’eau existent, 80% se trouvent au niveau des entreprises agricoles collectives, dont la réglementation interdit la location. Un rapport détaillé sur la situation a été transmis à la Chambre nationale a précisé son président.

Dans leur missive, les agriculteurs suggèrent la révision de la loi interdisant la location des retenues collinaires des EAC. Malheureusement, cette revendication est rejetée en bloc par la tutelle. Un autre problème a été évoqué lors des deux rencontres citées, celui des cartes professionnelles d’agriculteurs exigées par les chambres d’agriculture afin de permettre au fellah de bénéficier du crédit vert, estimé à 50 millions de centimes. Le comble est que le tiers des “patatiers” ne possèdent pas ces cartes. Rien n’a été fait jusque-là pour remédier aux carences soulevées, qui risquent de réduire les prévisions de la production de la pomme de terre de 50%. À signaler que la superficie destinée à cette culture s’est rétréci en 2005/2006 pour atteindre les 100 hectares contre 3000 durant la saison 2004/2005.

MADANI RADIA, Liberté

P.-S.

Madani Radia, Liberté

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