A l’exception du parti de Abdallah Djaballah qui reste suspendu à la décision du ministère de l’Intérieur, les formations politiques comme le MSP, le MRN, le FLN et le RND ont transmis les dossiers des militants envisageant de se présenter aux élections législatives. Tout comme le FLN, les autres formations politiques ont ouvert la porte à tous les postulants, transmettant toutefois les dossiers à leur direction centrale accompagnés d’un avis.
Pour Mme Legat, secrétaire de wilaya de l’UDR, « 29 militants ont émis le vœu de se porter candidats à la candidature. Il appartient maintenant au bureau national de désigner celui qui conduira la liste. Bien évidemment, nous allons à ces élections en qualité d’indépendants ou parrainés par des partis qui nous sont proches politiquement ou dont nous partageons les mêmes valeurs républicaines ». Tête de liste ? C’est sans doute ce qui tracasse le plus les militants et plus particulièrement les cadres responsables à l’échelle de wilaya, lesquels redoutent une réaction disproportionnée des « déçus ». M. Rafaa du RND estime pour sa part que « le problème ne se pose pas en termes de tête de liste mais de la conviction du parti à vouloir présenter des candidats connus pour leurs capacités intellectuelles, morales et physiques à répondre aux aspirations des citoyens en général et des électeurs en particulier. C’est ce qui a conduit le secrétariat de wilaya, s’agissant de la représentativité, à ne pas faire dans le quantitatif mais plutôt dans le qualitatif. Tous nos candidats sont universitaires. Nous restons maintenant dans l’attente d’obtenir en retour la décision finale du bureau national, lequel, est-il besoin de le souligner, devra également tenir compte de l’avis de la commission locale ». Quant au MRN et à hauteur de son secrétariat de wilaya, il nous a été déclaré que « les 4 000 signatures sont presque en voie d’être toutes recueillies » au moment où, contacté par téléphone, Lakhdar Benkhelaf, chargé de l’organique, soulignait en ce qui le concerne : « Nous ne savons pas encore si nous allons participer ou non à ces élections. Le parti reste suspendu à la décision finale du ministère de l’Intérieur auquel nous avons fait parvenir un deuxième recours après le premier remis directement au ministre le jour où il recevait sur sa demande A. Djaballah. Le dossier remis cette fois-ci est encore plus consistant, d’autant qu’il est accompagné d’un recours individuel de tous les membres du congrès, des bureaux de wilaya et communaux... Nous demeurons confiants quant à la suite qui nous sera accordée. Quant à pouvoir être dans les temps avant la date limite de dépôt, tout dépend de la réponse qui nous sera donnée. Autrement, toutes les hypothèses sont envisageables, aussi bien le fait d’y aller en indépendants que le boycott. » Au FLN, la pléthore de candidatures va aussi poser quelques problèmes à la commission exécutive nationale mais également aux responsables locaux dans la mesure où plus de 100 candidatures ont été acheminées vers la capitale. Et quoi qu’il soit dit ici et là, les deux partis que sont le FLN et le RND ont un sérieux problème de représentativité au niveau de la wilaya de Constantine, à telle enseigne que le parti d’Ouyahia en est arrivé à courtiser un militant du FLN, en l’occurrence le Dr Mahsas, pour en faire sa tête de liste.
Contacté à ce sujet en marge du derby local de football, le Dr Mahsas tiendra à préciser : « Il y a eu effectivement des propositions lancées en l’air comme ça. ?a reste des propositions d’amis surtout. Mais en ce qui me concerne, j’ai constitué un dossier comme tous les candidats du FLN avec le FLN évidemment. » Au MSP, on s’attelle autrement à préparer les législatives. Le siège de wilaya ne désemplit pas de militantes qui passent toute la journée à la découpe et coupe de centaines de mètres de tissu destiné à être transformé en hidjab, sachant que, chaque week-end, des dizaines de jeunes filles sont élues à travers les cités et communes pour le port de ce nouvel habillement. C’est sans doute une manière comme une autre d’élargir la base électorale pour les prochaines élections. Difficile d’évoquer les autres formations qui ne renaissent qu’à la faveur de tels événements, à l’image du FNA, du MNR, du MEN, de l’ANR et, à un degré moindre, du PT et du PRA et Ennahda. Faudrait-il encore que tous ces partis aient une adresse.
Lundi 19 Mars 2007 Par A. Lemili