Beaucoup de choses ont été dites sur la vieille ville et des dizaines d’études ont été publiées sur la manière d’entreprendre sa réhabilitation. Mais, de l’avis de nombreux observateurs avertis, et parmi eux des responsables de la direction de la Culture, rien ou presque n’est sorti « de ces esquisses de projets ».
Pendant que des quartiers entiers de Souika et de Tatache s’effondrent, bloc de maison après l’autre et que les ruines s’amoncellent, l’on continue à cogiter sur des modèles qui ne paraissent réalisables que sur le papier.
Les tonnes de documents qui s’amoncellent depuis plus vingt années n’ont pas permis d’avancer d’un pas sur la voie d’une réhabilitation qui continue de se chercher. Il y a bien quelques esquisses de tentées dans une ou deux directions comme c’est le cas actuellement des travaux de VRD lancés à hauteur de la Zaouia Tidjania (Souika) sous le contrôle d’une commission technique, mais après plus d’une année de travaux, force est de reconnaître que l’on assiste à un enlisement.
De l’aveu même des préposés à cette opération (travailleurs et techniciens) « dès le premier coup de pioche l’on s’est trouvés face à des difficultés imprévisibles ». Sous les premiers pavés arrachés est apparu un enchevêtrement de conduites d’eau et d’évacuation des eaux usées très vieilles et pour certaines toujours fonctionnelles. L’on s’est aperçu du même coup que les spécialistes « en agencement de pavés n’existent pas sur la place de Constantine ni dans d’autres villes environnantes comme Mila ou Skikda ».
Pour le reste, nous dira le directeur de la Culture à Constantine, il faudrait tout reprendre si l’on veut repartir sur des bases solides.
Ici, le phénomène des dominos joue à plein, puisque dès qu’une maison s’effondre, c’est des dizaines d’autres bâtisses appuyées à la première qui sont ébranlées et ne tardent pas à menacer ruine. Il existe donc bien un plan de sauvegarde de la vieille ville soutenu par un décret présidentiel 03/ 322 du 15 octobre 2003 qui offre le cadre officiel à ce plan qui compte deux volets. Un volet réglementaire impliquant l’APW et les directions concernées, ainsi que les personnes physiques ou morales, pouvant participer à ce plan et un volet technique qui doit choisir par voie de concours un bureau d’études agréé.
Ce sera donc ce bureau d’études en étroite relation avec le comité de sauvegarde qui se chargera de formuler des propositions quant aux modalités d’exécution du plan.
Pour plus de clarté, essayons de prendre du recul et d’agir dans le cadre des textes existants pour relancer sur du solide la réhabilitation de la vieille ville qui demande l’implication de toutes les bonnes volontés » dira le directeur de la Culture.
par A. Benkartoussa
Le Quotidien d’Oran