« On veut inciter les travailleurs à investir la rue »
lundi 2 juillet 2007, par Said
L’union de wilaya de l’UGTA de Constantine est à court de solutions à même de sortir les quelques entreprises réputées importantes dans un passé récent de l’impasse dans laquelle elles se trouvent ces dernières années et cette fois plus que jamais.
Jusqu’à ce jour, à l’exception du complexe moteurs-tracteurs qui retient l’attention néanmoins sur le seul plan de l’actualité, le dossier de la SOREM, ex-DNC, ou encore de GERMAN ne donne pas l’impression de trop peser sauf que leur acuité n’est que momentanément reculée. C’est en ce sens que M. Mehdi, secrétaire de l’union de wilaya de l’UGTA, ne veut pas dissocier ces dossiers l’un de l’autre même si dans l’immédiat l’inquiétude va à CMT avec le dégraissage annoncé de 300 travailleurs (contractuels) et de la mise en chômage technique de 800 autres sur un effectif global de 1 700 tous corps confondus.
Le représentant local de l’UGTA dira : « Sans prendre la peine de prospecter des solutions médianes, d’une part, et respecter les engagements pris par le gouvernement dans le cadre légal, d’autre part, il y a une volonté manifeste de mettre à la rue un millier de travailleurs. » Le cadre légal, en question, est, pour notre interlocuteur, le pacte social que la Centrale a ratifié avec le gouvernement et les représentants du patronat. « Or, il a été admis par l’UGTA la nécessité que les entreprises concernées, au risque d’être définitivement disqualifiées pour ne pas être passées à la trappe, avaient tout intérêt à s’inscrire dans la dynamique de développement selon les conditions actuelles du marché… donc répondre aux exigences de la compétition sans autre forme de privilèges. Il a également été convenu avec ceux que réunissait le tour de table des négociations que tout cela n’était réalisable que si l’Etat accompagne ces mêmes entreprises dans leur processus de remise à niveau [assainissement financier, renouvellement des équipements] telle qu’elle a été débattue dans ses grandes lignes. »
Selon M. Mehdi, cet engagement n’aurait pas été suivi d’effet sur le terrain au moment où les équipes de management des entreprises sus-évoquées prenaient des décisions unilatérales et draconiennes à l’endroit des travailleurs en opérant, sidérant raccourci, des coupes dans les effectifs. « On veut inciter tout simplement les travailleurs à investir la rue pour espérer faire aboutir leurs revendications… des revendications légitimes. A ce rythme-là, une explosion sociale n’est très franchement pas à écarter. »
En réaction à ce qui se passe au complexe moteurs-tracteurs, notre interlocuteur rappelle que le syndicat de l’entreprise a fixé un ultimatum de dix jours à la direction et au SGP (Equipag) pour « repenser » leur décision. « Auquel cas, tous les voies et moyens seront bons pour attirer l’attention du premier magistrat du pays, que nous avons d’ailleurs tous saisi, comme le chef du gouvernement, le wali [M. Mehdi exhibant les correspondances]. Nous sommes prêts à nous rendre avec nos familles sur les lieux de travail de nos camarades de CMT pour entamer une grève de la faim. »
Rappelons que l’ultimatum lancé par le syndicat de CMT à l’employeur a commencé à partir du 25 juin dernier suite à une assemblée générale extraordinaire au cours de laquelle la direction, n’ayant vraisemblablement aucune possibilité de dégager une solution et encore moins un consensus, a campé sur ses positions. En conclusion, M. Mehdi se déclare « effaré par l’attitude du gouvernement, lequel, par une politique antisociale, semble délibérément battre en brèche la politique du président de la République ».
A. Lemili La Tribune