écrivain, faut-il le rappeler, Mostefa Nettour, directeur de la culture, avait fait, dès sa désignation à Constantine, de la lecture publique l’un de ses objectifs prioritaires et en tout cas l’un des rares sujets sur lesquels l’homme volontairement discret acceptait de communiquer sans trop de réticences. Aime-t-il alors à souligner que ce fut le tout premier projet qu’il avait soumis à un wali réputé en froid avec le département ministériel de la culture en marquant aussi la célérité avec laquelle le dossier -qui portait notamment sur la création d’une dizaine de bibliothèques au niveau de la wilaya- avait été traité et surtout endossé par le responsable de l’exécutif constantinois. Il faut donc, à ce sujet, donner acte aux autorités ayant connu ce projet, du fait qu’il y ait de la suite dans les idées puisque plusieurs communes sont inscrites à l’ambitieux programme.
Certes, toutes n’en sont pas au même niveau, mais le fait demeure qu’elles sont toutes autant bénéficiaires d’une démarche qui, pour une fois, semble n’avoir pas trop souffert des lenteurs et autres embûches bureaucratiques communément citées dans ce genre d’entreprise. Certaines -le cas de la commune de Ben Badis ex-El Haria- en sont déjà au lancement de l’avis d’appel d’offres public, l’autre, comme El Hamma, a vu les études de faisabilité achevées, alors que d’autres, Didouche Mourad, Beni Hamidene, Boudjeriou, ont pu enregistrer le lancement de ces études. Deux ministères sont directement intéressés par ces nouveaux chantiers, le ministère de l’Intérieur qui assure le financement, et le ministère de la Culture appelé à en gérer le fonctionnement. On ne manque pas d’observer, du côté de la direction de la culture que la réalisation de ces bibliothèques prendra en charge les caractéristiques des communes -urbaines/semi-urbaines-, du terrain et aussi de la taille des populations destinataires de l’équipement. Cette opération, remarquable par son ampleur, fait plus que corriger un simple déficit et devrait mettre à la disposition du public un nouveau lieu de sociabilité et de formation. Il faut, en effet, souligner que les équipements de ces nouvelles bibliothèques doivent être conformes aux recommandations de l’Unesco et il est rappelé à ce sujet, qu’elles devraient disposer de salles de lecture pour enfants et adultes, d’une connexion Internet et être un cadre de travail pour les universitaires. Bien entendu, il faudra attendre pour voir, notamment si les délais de réalisation, fixés à deux ans, seront réellement tenus. En tout cas, le financement, pour autant qu’il n’y ait pas de contretemps, devrait s’inscrire dans une fourchette d’un milliard et demi à trois milliards de centimes pour chaque bibliothèque.
Si, de ce côté (bibliothèques communales), les choses se mettent en place, il ne semble pas qu’il en soit de même pour le fameux projet d’annexe de la Bibliothèque nationale. Il avait été, rappelons-le, évoqué publiquement par Amine Zaoui, directeur de cette institution, lors d’une conférence donnée au centre M’Hamed Yazid du Khroub fin 2005, et le wali a conforté la possible installation de cette annexe au niveau de l’emblématique Medersa à l’horizon indiqué, dans une rencontre avec les artistes constantinois. Depuis, apparemment, c’est le silence radio. Faut-il s’en inquiéter ?
Meriem Merdaci, La Tribune