samedi 26 janvier 2008
par K. B. Cela pourrait s’intituler : « thérapie de groupe pour une mobilisation populaire », aux côtés de la population de Ghaza, plongée depuis six jours, il est vrai, dans une catastrophe humanitaire sans pareille, à la suite du blocus israélien. Les propos de Aboujerra Soltani sur le sujet, exprimés à l’occasion avec les accents vibrants des harangues dont il a le secret, suffisamment habile en tout cas, pour galvaniser ses ouailles, n’ont pas dit autre chose, tout le temps qu’a duré le rassemblement de soutien organisé à cet effet, hier, à Constantine, au centre culturel Abdelhamid Benbadis, par le MSP.
Pour faire bonne mesure, l’argumentaire de Aboujerra Soltani dédié à la dénonciation du terrible drame qui se joue encore à Ghaza, a atteint des sommets insoupçonnés à Constantine, en délivrant à l’occasion de nombreux mots d’ordre, dont celui d’inviter, ni plus ni moins, les Algériens à se « préparer psychologiquement et matériellement à une guerre annoncée contre Israël ». La solidarité à « la cause sacrée », prônée par le leader du MSP, prend donc à son compte l’effort de creuser d’autres pistes plus « fondatrices » et jusque-là franchement inusitées : la Palestine est une terre « Habous » martèlera-t-il qui appartient à tous les musulmans et pas seulement... aux Palestiniens. Le raccourci sémantique vaut le détour et a de quoi surprendre avouent quelques militants des formations politiques de la « coalition gouvernementale », venus aux rassemblements en éclaireurs, qui voient dans cet engagement personnel de Aboujerra Soltani, « une action volontariste de récupération », d’autant, disent-ils, que « le congrès du MSP a été avancé pour le 26 mars prochain... ». Le mélange des genres qui est stigmatisé à l’occasion, étant une chose largement partagée dans le marigot politique national, il y a encore de la place, assurément, aux mentors des partis, pour y développer les thèmes annoncées de 2009, à savoir la révision de la Constitution et le troisième mandat, dans les prochains meetings de solidarité avec le peuple palestinien, décidément pas au bout de ses peines. Son appel à l’aide sera-t-il vraiment entendu, en Algérie, par la classe politique en dehors de tous les contorsionnismes politiciens ?
LE QUOTIDIEN